Le diagnostic de performance énergétique va de nouveau évoluer. Un arrêté publié le 26 août 2026 entérine l’abaissement du coefficient de conversion de l’électricité en énergie primaire, qui passera de 1,9 à 1,7 à partir du 1er janvier 2027. Concrètement, cette modification influencera le calcul du DPE pour de nombreux logements chauffés à l’électricité.
Cette décision n’est pas sans susciter de vives réactions dans le secteur de la rénovation énergétique. Plusieurs organisations dénoncent un changement de règle qui pourrait modifier le classement de milliers de biens sans qu’aucun chantier n’ait été réalisé. En clair, le logement ne deviendrait pas plus sobre ni plus confortable, mais son étiquette s’améliorerait mécaniquement.
Un nouvel ajustement du calcul du DPE
Le coefficient de conversion de l’électricité sert à traduire une consommation exprimée en énergie finale en énergie primaire, une donnée utilisée dans le DPE. En abaissant ce coefficient, les logements électriques sont, dans de nombreux cas, mieux notés sur le papier.
Ce changement intervient un peu plus d’un an après une première révision du CEP. La succession de ces ajustements alimente le débat sur la lisibilité du DPE, un outil pourtant central pour orienter les travaux de rénovation et informer les acheteurs comme les locataires.
Des logements qui changent de classe sans travaux
L’un des principaux reproches adressés à cette réforme tient à son effet statistique. Des logements actuellement classés F ou G pourraient sortir de la catégorie des passoires thermiques à la faveur du nouveau calcul, sans intervention sur l’isolation, la ventilation ou les systèmes de chauffage.
Pour les acteurs de la rénovation, ce point est essentiel : un meilleur classement théorique ne réduit ni les déperditions thermiques ni la facture liée aux consommations réelles. Le confort d’hiver, la qualité de l’air intérieur et le confort d’été restent, eux, dépendants de la qualité du bâti.
Isolation, enveloppe et confort d’été : les vrais leviers de la performance
Dans une logique d’habitat durable, la performance énergétique ne peut pas reposer uniquement sur le mode de production de chauffage. L’isolation des murs, des toitures, des planchers bas, l’étanchéité à l’air et le traitement des ponts thermiques demeurent des leviers majeurs pour réduire durablement les besoins.
Cette réalité est particulièrement importante dans le cadre de la RE2020, qui met l’accent sur la sobriété énergétique, l’empreinte carbone des bâtiments et le confort d’été. Les matériaux biosourcés, les solutions d’isolation performantes et une conception bioclimatique adaptée restent au cœur d’une stratégie de rénovation ou de construction réellement vertueuse.
Un enjeu de confiance pour les ménages et les professionnels
Au-delà de la technique, la question posée est aussi celle de la confiance. Le DPE sert de référence dans le marché immobilier, dans les politiques publiques et dans l’orientation des travaux. Si son mode de calcul évolue trop souvent ou trop fortement, sa capacité à refléter la réalité du logement peut être contestée.
Les professionnels de l’isolation et de la rénovation énergétique craignent également un effet d’éviction : si une partie des logements semble “sortir d’affaire” grâce à une réforme de calcul, l’urgence de traiter l’enveloppe du bâtiment pourrait paraître moins visible. Pourtant, dans une maison écologique, la priorité reste d’abord de limiter les besoins avant d’optimiser les systèmes.
Une réforme qui relance le débat sur la rénovation énergétique
Ce nouvel abaissement du coefficient de conversion de l’électricité rappelle qu’un bon DPE ne se résume pas à un meilleur affichage. Pour améliorer durablement un logement, il faut agir sur les consommations réelles, le confort et la qualité du bâti. C’est précisément là que se joue l’avenir d’une rénovation énergétique cohérente, au service des occupants comme de la transition écologique.







